CIGEO/BURE : Vous en mettrez pour 25 milliards, pas plus !

lundi 18 janvier – Communiqué de presse Coordination BureStop (BURESTOP 55 + EODRA + BZL + Habitants vigilants + MNE + MIRABEL Lorraine Nature Environnement)

Cigéo au centre d’arrangements financiers. Fini le vernis technologique ?

La ministre Ségolène Royal a tranché quant à l’hypothétique coût du centre de stockage profond des déchets nucléaires les plus dangereux.
Histoire de contenter tout le monde (selon EDF/AREVA : 15 Mds€ et selon ANDRA : 34,5 Mds€) et -surtout- de rassurer les marchés financiers, elle coupe la poire en deux : 25 milliards. Facile !

A-t-elle seulement bien examiné un dossier qui dure depuis 30 ans, comporte des risques insensés et des flous incommensurables ? Rappelons que l’Autorité de Sureté Nucléaire trouvait que la dernière estimation faite par l’ANDRA est trop optimiste !
Un grand pas en arrière par Ségolène Royal, qui dans les années 1990, s’opposait fermement à tout projet d’enfouissement de déchets nucléaires.
Aujourd’hui, elle appose un blanc-seing en bonne et due forme au stockage profond, tendance « low cost », sans s’interroger sur d’autres voies possibles quant à la gestion de ces déchets. L’ANDRA n’aura qu’à se débrouiller avec une enveloppe de misère, et nos enfants mettront la main à la poche, s’ils le peuvent…

La filière électronucléaire au pied du mur

Une telle annonce, en pleine période de déroute financière des opérateurs historiques du nucléaire met en évidence la navigation à vue de ceux-ci :

  • Le lancement d’un programme électronucléaire sans anticipation sérieuse de la gestion de son aval (démantèlement et déchets)
  • Un montage financier d’une légèreté inouïe pour la gestion des déchets radioactifs les plus dangereux (ils représentent tout de même 99,99% de la radioactivité produite par les centrales nucléaires) – Un provisionnement insuffisant et aléatoire : juste 5 Mds€ en Bourse actuellement, censés faire des petits pendant 130 ans pour financer Cigéo.

EDF a annoncé le 15/01/2016 * une provision de charges de 800 millions d’euros dans ses comptes de 2015, qui réduira son bénéfice net annuel de 500 millions d’euros. Avec un impact évident sur les dividendes proposés aux actionnaires, dont l’État.

C’est la fin de la politique de communication forcenée au service du mythe d’un nucléaire dit « propre et pas cher », occultant le vrai coût de l’électricité d’origine nucléaire. Mais qui va enfin parler vrai ?

Les déchets atomiques sont ingérables, sortons du nucléaire

La ministre de l’Écologie et de l’Énergie ferait bien de tirer les leçons de près de 50 années de politique énergétique imprudente et hasardeuse, qui va laisser à nos descendants une facture énorme, tant financière, sanitaire, qu’environnementale. Cela fait 30 ans que des milliers de citoyens et élus et des experts indépendants dénoncent l’impasse des déchets nucléaires, et exigent de couper le robinet de leur production !
La politique du déni de réalité, pratiquée en matière de gestion des déchets nucléaires doit cesser.

La Coordination BURESTOP exige de la classe politique des décisions courageuses et sensées

Il faut reconnaître l’invalidité de la filière électronucléaire et lancer ENFIN le chantier d’arrêt de celle-ci.
Les travaux d’investigation et de préparation engagés par l’ANDRA depuis septembre 2015 pour préparer une « phase pilote » au projet Cigéo sans aucune autorisation, ni aucune légalité juridique, doivent cesser immédiatement.
Le gaspillage engagé autour du projet Cigéo (fonds d’accompagnement qui polluent le débat depuis le début) doit cesser aussi. La gestion des déchets nucléaires, mal préparée, mal évaluée par les opérateurs du nucléaire doit être entièrement réexaminée.

* http://www.boursier.com/actions/act…

Ce contenu a été publié dans Actualités. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.